Le Gabon reprend les rênes d’Africa N°1 et ouvre un nouveau chapitre pour la radio panafricaine
Le Gabon a officiellement récupéré la pleine propriété d’Africa N°1, mettant ainsi un terme à plus de deux décennies de participation majoritaire libyenne dans le capital de la célèbre station. L’accord, conclu mardi à Libreville entre les autorités gabonaises et une délégation venue de Libye, marque un pas important dans le processus de renaissance de ce média emblématique du paysage audiovisuel africain.
Le Gabon reprend les rênes d’Africa N°1 et ouvre un nouveau chapitre pour la radio panafricaine. C’est une reprise de souveraineté attendue
Fondée en 1981 à Libreville avec l’ambition de devenir la « voix de l’Afrique », Africa N°1 s’était imposée dans les années 80 et 90 comme une radio panafricaine de référence. Écoutée dans plusieurs pays francophones, elle mêlait information, débats et musique, et servait de caisse de résonance aux enjeux du continent.
En 2001, l’entrée de la Libye au capital avait modifié l’équilibre actionnarial de la station. La participation majoritaire libyenne, gérée via la société libyenne de radiodiffusion, avait suscité des débats récurrents sur l’indépendance éditoriale et la gouvernance du média. La signature de mardi formalise le désengagement de Tripoli et le retour du contrôle total au Gabon.
Un signal politique et médiatique
Pour Libreville, cette opération dépasse le cadre d’une simple transaction commerciale. Elle s’inscrit dans une volonté de reprendre la main sur un outil d’influence culturelle et diplomatique. Africa N°1 reste l’une des rares radios à avoir conservé une couverture continentale et une identité panafricaine forte, malgré les difficultés financières et techniques rencontrées ces dernières années.
Les autorités gabonaises présentent cette reprise comme une étape vers la modernisation de la station. L’objectif affiché est de réinvestir dans les infrastructures, de renouveler la grille des programmes et de renforcer la présence numérique d’Africa N°1 pour toucher les jeunes audiences sur le continent et dans la diaspora.
Quel avenir pour la voix de l’Afrique ?
Le défi est désormais éditorial et économique. La station devra concilier son héritage historique avec les nouveaux usages de consommation de l’information et du divertissement. La concurrence des radios privées, des plateformes numériques et des réseaux sociaux a redistribué les cartes depuis deux décennies.
La réussite de ce « nouveau chapitre » dépendra de la capacité du Gabon à garantir à Africa N°1 une gestion professionnelle, des moyens techniques adaptés et une ligne éditoriale qui reste fidèle à sa vocation panafricaine, tout en évitant les écueils de l’instrumentalisation politique.
Pour beaucoup d’auditeurs de longue date, la reprise gabonaise est perçue comme l’occasion de redonner à Africa N°1 son rôle de trait d’union entre les peuples africains. La station doit maintenant transformer ce changement de propriétaire en un véritable renouveau de contenu.
MT/JB






